Les écrits du cœur
Personne ne passe dans la vie gardant une feuille vierge, sans écrits sans ratures. Tout est écrit dans l'âme. Les moments y sont gravés à tout jamais, ce qui a été ce qui n'est plus, les grands bonheurs et les grandes déceptions.
Chaque page tournée porte les marques de l'autre. Les unes calligraphiées à l'encre dorée les autres raturées au sang de nos veines.
Jeunes nous pensons que l'amour est éternel, parce que détenons dans nos mains l'espoir. Mais les années qui nous apportent l'expérience, la méfiance et les souvenirs de toutes choses qui nous ont blessés, effacent l'espoir et ternissent l'amour.
Si dans la jeunesse nous jouons le jeu de face à toute possibilité, plus tard nous apprenons à marcher lentement, regardant au loin, essayant reconnaître les risques et cherchant les garanties qui ne seront signées qu'après, bien après, au cas où elles existeraient.
Mais le temps passe, les envies s'étiolent, les occasions s'essoufflent et la feuille s'ensanglante. Et les blessures se rouvrent, renaissent et nous fermons les yeux à, peut-être, une de félicité pérenne. Nous ne savons pas. Nous ne pouvons pas savoir…
Nous ne voulons plus rêver à nouveau et de nouveau chuter, pleurer et paraître ridicule aux yeux des autres. Nous préférons fermer les portes du cœur et regarder à travers la fissure, imaginant ce qui aurait été si on avait au moins essayé.
Nous voulons toujours aimer, mais pas la douleur qui en découle. Nous voulons le bonheur, la joie et même la nostalgie qui peut troubler le cœur, mais la douleur ... la douleur non.
Nous ne le savons pas, mais peut-être, que c'est le prix à payer et que la joie d'aimer un instant vaut mille fois la douleur clouée dans l'âme.
Tout ce que je sais : aimer c'est s'élever au dessus de la vie, c'est toucher le ciel et avoir la terre à ses pieds. Et si plus tard des vents contraires nous ramènent de retour, valorisons le voyage, caressons le souvenir. Car à la fin de la promenade, parmi les écrits de la vie, perpétue le nectar que nous avons appris à cueillir des fleurs, la poésie que nous avons apprise de l'amour, même de celui qui a eu une fin.

Commentaires
le 07-09-2009 à 18:21:20
L'idéal serait d'aimer et de ne jamais en connaitre la douleur et la souffrance qu'il peut apporter.
Mais je pense pas qu'il soit possible de trouver l'amour sans trouver les larmes les angoisses les questions et le mal être qu'il peut engendrer parfois.
Très belle analyse de l'amour.
Bise de Marie
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le 07-09-2009 à 19:19:11
Une page de blessure.. peut-être guériront-elles ?
Je l'espère et le souhaite de tout coeur.
Bisous
clem
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le 07-09-2009 à 22:39:09
Les blessures de l'amour nous rendent parfois incapables d'oser aimer à nouveau, de peur d'être encore blessé. Alors on ne se livre plus jamais tout à fait. On garde une distance, on aime du bout des doigts.
Est-ce réellement la peur qui nous guide ou la sagesse ? Nul ne peut le dire...
Je t'envoie un bouquet de fleurs aux senteurs du printemps qui s'éveille.
Bisous de ton amie,
Arc-en-ciel
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le 08-09-2009 à 18:12:03
Merci pour ces rayons de soleil déposés dans mon espace. Ils ont toujours un effet très bénéfique sur moi.
Je ne suis pas étonnée d'apprendre que tu partages quelques-unes de mes pensées métaphysiques. Je crois que les pensées de tous les humains baignent en suspension dans une espèce de bain géant que certains nomment l'inconscient collectif. Les pensées similaires en arrivent à se rejoindre un jour, à fusionner, pour finir par dégager une énergie puissante. C'est pourquoi je pense qu'il ne faut jamais perdre une occasion d'opposer aux pensées négatives de peur, de haine et de chaos, des pensées positives de confiance, d'amour et d'unité.
Je ne pourrai peut-être pas venir sur ton espace ce soir, car c'est la soirée réservée à mon petit-fils, depuis qu'il va à l'école et que je lui consacre mon mercredi. Je te souhaite donc dès maintenant une bonne fin de journée.
Je t'envoie mes pensées parfumées d'amitié.
Je t'embrasse mon amie,
Arc-en-ciel
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le 09-09-2009 à 12:20:57
Il est parfois difficile de comprendre si ce qui nous retiens est de la prudence, ou de la peur. Mais on ne peut pas vivre éternellement dans la crainte de la souffrance. Un jour ou l'autre, on a trop soif d'amour et de bonheur. Et ce jour là, on se lance, on replonge dans le cycle de la vie... C'est vraiment un très beau texte. Tu sais, nous avons tous des ratures dans le livre de notre vie, mais ce sont ces erreurs qui font ce que nous sommes aujourd'hui.
J'espère que tu vas bien, mon amie. Cette semaine, je suis en vacances et je ne pourrai peut être pas passer tous les jours dans ton espace.
Je t'embrasse et t'envoie mille pensées d'amitié.
Séchât.