Elle 23


A nouveau la peur prend possession d'Alni. Elle ne sait pas trop quoi faire. Elle décide alors d'alerter le TGI de Pontoise. Elle apprend qu'il est sous une mesure de prévention édictée par le juge. Il doit se présenter toutes les semaines au commissariat et ne peut s'approcher ni d'Alni ni des enfants. S'il ne respecte pas les conditions de sa mise en liberté et est vu aux alentours du domicile d'Alni, il suffira d'appeler le commissariat le plus proche pour que le détraqué retourne là d'où il vient. Mais il est malin. Il ne se fait pas prendre. Comment fait-il ? Il est au courant des faits et gestes d'Alni et de ses enfants, sans qu'eux puissent le voir.

Il prend soin à ne pas se faire prendre et à préparer "sa vengeance", il l'a lui faut. Il lui faut donner le change, alors tous les moyens sont bons.

Dans un premier temps, il fait traîner en longueur le divorce. Il exige de voir les enfants et en demande la garde. Disant qu'Alni les lui a enlevés. Il s'est présenté devant son avocat en homme éploré à qui les enfants manquaient tant… Il s'était bien gardé de signaler à son avocat l'affaire en cours. Lorsque devant le juge, Alni donne tous les détails à l'avocat, il se dessaisi de l'affaire.

Puisque de ce côté-là il n'a pas pu mener sa vengeance à terme, il va trouver un autre chemin. Il ouvre un compte personnel et profite pour contracter des dettes. Obtient plusieurs crédits sur le compte commun en imitant la signature d'Alni. Même si chaque crédit n'est pas d'une très grosse somme, vu le nombre de crédits contractés, la dette atteint un montant colossal pour Alni, environ 60 000 frs. Malgré la désolidarisation du compte courant, Alni va devoir payer. A quoi sert donc cette démarche ? A se demander...

Alni tente ramasser un à un les morceaux de sa vie fracassée et à chaque fois qu'elle tient un dans ses mains deux autres tombent à terre. Et voilà que les huissiers n'en finissent pas d'envahir l'appartement d'Alni. Ses journées sont rythmées par leurs va-et-vient.

De plus, il fait une fausse déclaration aux impôts. Les 70 000 frs reçus lors de son départ de l'entreprise, il les déclare en tant que revenus d'Alni. Ce qui va lui permettre d'échapper au fisc et de ne rien payer. C'est donc Alni qui paye les conséquences. Un Avis à tiers détenteur est envoyé à son employeur et voilà Alni criblée de dettes qu'elle na pas contractées et son salaire "consigné".

Alni déraille. Son raisonnement n'est plus doté de raison. La haine l'envahi…

"Ca suffit ! Tu ne me feras plus sursauter, à chaque tintement. Tu ne suivras plus ma fille. Tu ne la voleras pas. Crois-moi, tu ne nous enterreras pas vivants.

Tu vois, je m'en suis sortie, sans trop d'égratignures, de toutes tes sales manigances. C'est mal me connaître si tu croyais pouvoir me noyer dans une mare que depuis longtemps a séché. La mare desséché de mes larmes à laissé place à la lave d'un volcan en éruption.

A mon tour de t'exacerber. A mon tour de te jeter dans la boue, de te faire manger de la vache enragée. Jusqu'à ton ombre je poursuivrai, tous les jours que Dieu fait.

Je te traquerai, comme une bette que l'on doit abattre. Je m'acharnerai sur toi. Tu vois, ça marche… Tu n'a pas pu récupérer, tout seul comme tu l'avais prévu, l'argent de la maison . Tu n'as pas pu tenir la promesse que tu avais faite à ta mère de partager le butin avec elle. Tu avais oublié qu'une partie de cet argent appartenait à ma fille ? Supposais-tu pouvoir la voler aussi ? Non, c'est fini.

Ne saute pas de joie en pensant que ta mère peut venir ici récupérer des infos pour toi. J'ai compris son manège. Elle venait ici en pleurs, disant qu'elle nous aimait. Elle disait ne rien savoir de toi, ne plus vouloir te voir. Et moi, stupide, je l'ai reçue, je l'ai invitée à manger, à plusieurs reprises. Alors qu'elle ne venait que pour avoir des infos à te donner. Tu vois, d'un coup de baguette magique, ma stupidité s'est envolée.

Ne te réjouis pas non plus d'avoir un numéro de téléphone sur lequel tu peux t'acharner, il va être changé. Restez dans votre monde débile. Laissez-moi tranquille. Mais fais bien attention. A chacun de tes pas, regarde bien derrière toi. Si un jour tu vois une ombre qui te suit, c'est moi. Et ce jour là, je te le jure, je t'arracherai la vie.

Je ne suis plus seule, aujourd'hui, et tu le sais. J'ai quelqu'un à mes côtés. Pendant qu'il me donne des ailes, toi, tu me voles la raison. Alors, méfie-toi. La femme que tu as connue s'est transformée en vipère. Le sang que jadis tu as fait couler lui sert aujourd'hui d'œillères. Tu as déteint sur elle.

Ce coup de fil que tu viens de passer sera ton dernier. Tu n'aurais pas dû. Tu n'aurais pas dû me dire que tu m'as suivie, quand je promenais ma petite fille de 3 ans. Tu n'aurais pas dû dire qu'elle était jolie. Sortant de ta bouche, ce mot est sot. Tu n'aurais pas dû me dire que si tu voulais… tu n'aurais pas dû…

Depuis, ma haine ne finit pas de grandir. Je te hais pour ce tu es, pour ce que tu dis, pour ce que tu penses et pour ce que tu fais. Je te hais, parce que tu m'as appris à haïr. Je te hais, tout simplement. Avant toi, je ne connaissais pas ce sentiment. Après toi, il n'aura plus de raison d'exister. Alors, te TUER est la seule chose qui me reste à faire.

Et c'est toi qui, sans le savoir, venais de m'offrir sur un plateau d'argent l'opportunité de le faire. Sans efforts, sans que j'aie à demander… c'était parfait… Presque parfait

Pourquoi crois-tu que j'ai répondu oui, quand tu m'as demandé de te donner les vinyls ? Crois-tu que c'est de la bonté ? Détrompes-toi. La positivité de ma réponse n'a qu'une seule raison…

C'était l'occasion tant rêvée qui s'offrait à moi mais ça tu ne le savais pas. Personne ne le savait, juste moi. Tu hantais ma vie, tu devais disparaître. Rien, plus rien n'existait. J'avais tout oublié, même mes enfants.

Pendant que je te parlais, je m'étais juré de te tuer de mes propres mains… Et c'est là mon plus grand regret, je n'ai pas pu. Je n'ai pas eu l'occasion. Tu n'es pas venu…

Tu avais recommencé tes prouesses ailleurs et d'autres enfants que les miens ont aussi subi tes assauts.

Et puis… ce 25 décembre 2002, encore une fois, tu fuyais tes responsabilités, comme le lâche que tu étais. Et moi je devais ravaler, à mon grand regret, mon jurement.


Suite



19-08-2009 | 331 vues

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Commentaires


Didier
site/blog
le 19-08-2009 à 13:55:42
Bonjour Lina,
Tu me fais peur lina, peur des conséquences pout toi, et pourtant je te comprend parfaitement sur ton souhait, mais non il ne faut pas, cela n'effacera pas le passé et peut-être que c'est encore trop doux pour lui.
Bisous
Didier
Séchât
site/blog
le 19-08-2009 à 14:35:53
Bonjour Lina,

Comme je comprend ce sentiment de haine... Mais au fond, un monstre comme lui ne mérite pas un seul instant que tu te souilles toi même par un acte de violence envers lui. Je suis heureuse que tu sois restée cette douce et généreuse Lina, printanière et amicale, que nous aimons tous. Tout en étant cette femme nouvelle qui ne se laisse plus faire.

Je suis choquée, sans pour autant être étonnée d'apprendre qu'il a refait les mêmes horreurs ailleurs. Je ne comprend pas... je n'ai jamais compris. Les monstres comme lui ne devraient jamais être remis en liberté car ils ne peuvent pas changer.

Passe une belle journée, en espérant que la chaleur de ce magnifique soleil d'été réchauffera ton coeur et apaisera la douleur de ces souvenirs difficiles à vaincre.

Je t'envoie mille bisous réconfortants.

Séchât.
Arc-en-ciel
site/blog
le 19-08-2009 à 23:14:58
Bonsoir Lina,

Les agissements de ce manipulateur pervers me révoltent toujours autant. Et ce qui me révolte encore plus, c'est qu'il ait ait pu s'en prendre encore à d'autres enfants, après ce que l'on savait de lui. Il y a vraiment des choses qui nous dépassent.

Je comprends le sentiment de haine qui t'a alors animée. Quelque part, c'était comme une soupape pour toi, devant une situation aussi absurde qu'intolérable. Mais comme Séchât, je suis heureuse que ce jour-là, le "hasard" en ait décidé autrement, que tu sois restée toi-même, après t'être libérée de la peur.
Je crois que la clé du bien-être, c'est de réussir à s'affirmer et à se faire respecter, tout en préservant son âme et sa dignitié. Tu as réussi cet exploit, Lina, c'est ta victoire.

Tu as une grande force en toi et c'est cette force qui te fait et te fera avancer, malgré tous les obstacles.

Je suis heureuse que les mots lus et entendus par Juliana trouvent un écho en toi. Je n'en suis pas véritablement surprise, sachant que toi et moi sommes souvent sur la même longueur d'onde.

Si la notion de "laisser libre cours à ses rêves" parle à beaucoup de personnes, c'est que beaucoup de personnes caressant un rêve secret, parfois depuis l'enfance mais que, malheureusement, peu d'entre elles osent y croire et tenter de le réaliser. Pourtant, je suis convaincue que chacun peut y arriver. Il suffit seulement de le vouloir très fort.

Que ton rêve le plus cher se réalise. C'est ce que je te souhaite aujourd'hui. Que ce rêve puisse t'aider à tourner définitivement la page du passé et t'ouvrir la porte sur un avenir de douceur, de sérénité et d'amour.

Bonne soirée Lina.

Avec toute mon amitié,

Bisous,

Arc-en-ciel
belbe
site/blog
le 20-08-2009 à 22:04:56
Préserve ta vie et celle de ceux qui t'entourent.
Bien à toi !
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