Elle 11


Il n'y a plus que des idées morbides qui lui traversent l'esprit. Alni ne voit qu'une façon de trouver la paix, celle qu'elle désire si ardemment, la mort. Mais même la mort n'a pas voulu d'elle. Pourtant, elle l'a invitée à trois reprises. Ni les médicaments, ni le poison n'ont eu un effet "bénéfique".

Qu'a-t-elle de si mauvais, pour que la mort la dédaigne ? N'a-t-elle, ni le droit de vivre, ni celui de mourir ? Ne peut-elle avoir le droit, ne serait-ce qu'une fois, à un seul désir ?

Elle a été faible, elle le sait et s'en veut énormément. Elle aurait dû, dès les premiers signes d'instabilité de cet homme, le quitter. Mais, cette stupide manie qu'elle a de respecter les "jurements" et les traditions le lui ont interdit, alors même qu'elle est bafouée.

Après l'arrivée des enfants, le choix qui s'offrait à elle, n'en n'était pas vraiment un. L'alternative était dans les deux cas de la renonciation : soit elle lutte et en court le risque, soit elle part et en paye le prix. Elle choisi de rester. Le risque était bien moindre, comparé au prix à payer : les enfants.

Il faisait du chantage sur les enfants et, pendant longtemps, cela a fonctionné. De ce chantage, Alni en fut la cause. Elle a osé lui dire un jour "fait tout ce que tu veux, tue moi, si cela te fait plaisir, mais laisse les enfants en paix."

Ces mots ne sont pas tombés dans l'oreille d'un sourd. Il en a profité à foison et tout était bon pour faire du chantage. Quand il avait "envie" de punir les enfants, moyennant chantage, c'est Alni qui le faisait. Ces paroles "claironnent" encore à ses oreilles : "tu sévis ou je le met à la rue".

Son chantage fonctionnait si bien, qu'un jour, rien que par peur qu'il ne mette ses menaces à exécution, Alni a envoyé son fils dans la rue avec son slip sur la tête et un autre jour, il l'a obligée à le laver à l'eau de javel. Quelle horreur !

Personne ne sait, même pas les enfants, qu'ils sont victimes de chantage. Seule Alni et les quatre murs, peut-être même pas les quatre, savent le secret.

Pourtant, Alni continue de "couvrir" cet homme, rien ne passe vers l'extérieur. Alni sait si bien dissimuler la situation dans laquelle elle vit que les voisins les ont surnommés "le couple modèle". Si seulement ils savaient… si seulement ils pouvaient…

Mais, petit à petit, Alni s'est rendu compte que c'était de la manipulation. Il peut maintenant accuser les enfants mais Alni ne ferait plus ce qu'il lui dirait de faire. Cependant, il a bel et bien, un soir, mis son fils à la porte.

Alni n'est pas une mère sans reproches, elle aussi grondé les enfants, elle aussi a eu la main "légère", elle aussi a fait des mauvais choix. Mais, de là, mettre à la porte un enfant pour avoir cassé 2 centimètres d'un tabouret plastique, c'est intolérable. Ce tabouret, avait une valeur de 20 francs, au grand maximum. Cet homme est odieux. Il ne s'arrêtât pas là.

Il va jusqu'à empêcher Alni d'aller chercher son fils. Alors, en cachette, elle passa la nuit à guetter par la fenêtre de la salle de bains, dans l'espoir de voir arriver son fils. Elle est désespérée, son fils ne rentre pas. Il n'a pas l'habitude de la rue, il ignore ses dangers. Jamais il n'a traîné dans la rue, jamais il ne prend, ne serait-ce que, 5 minutes de plus sur le trajet scolaire. Comment peut-il passer une nuit dehors ??!

Les larmes qui coulent tout le long du visage d'Alni ont un goût de sang. Elle ne sent plus rien, son corps est endormi, endolori, mort ! A la place de ses yeux, elle a l'impression d'avoir 2 trous noirs, elle ne voit plus rien. Elle a peur de ne pas pouvoir apercevoir son fils, elle s'efforce de les tenir grand ouverts. Elle les frotte très fort, ça lui fait très mal et elle ne voit toujours, que du brouillard…

Ces idées aussi sont enchevêtrées, dans un dédale de questions. "Dois-je partir sauver mon fils et laisser ma fille qui dort ? Ai-je le droit de sacrifier l'un des deux ?" Le choix est impossible. Si Alni part, elle ne pourra plus revenir, et sa fille que va-t-elle devenir ?! Elle est pieds et mains liés. Elle ne peut, en cachette, partir avec sa fille. Si jamais il s'en apercevait avant qu'elles ne partent, il tuerait les deux.

Les heures passent et rien ne se passe. L'attente n'en fini pas, elle a l'impression d'attendre depuis des siècles.

Six heures du matin, le téléphone sonne. Alni tremble. M'sieur ne l'a laisse même pas répondre au téléphone, c'est lui qui répond. Sans la regarder, il lui adresse seulement ces malheureux mots "c'est la gendarmerie, ils l'ont trouvé. Il est au poste, j'y vais". Alni prie pour que rien ne soit arrivé à son fils. Elle ne peut faire que ça.

Prier, pff, quelle connerie ! Si un Dieu existe, comment peut-il laisser de tels actes impunis ? Alors que son fils a passé la nuit dans une cabine téléphonique, les Gendarmes l'ayant trouvé qu'au petit matin.

Quand Alni voit son fils arriver à la maison, sain et sauf, elle a cru voir toutes les étoiles de l'univers briller. Le brouillard, en un instant, s'est dégagée. Maintenant, son corps tremblait de joie, mais seulement à l'intérieur, car elle n'a pu démontrer aucune gaîté devant M'sieur. Tout ce qui compte, elle a récupéré son fils !

Plus tard, Alni apprend par son fils que cette espèce de dégueulasse a déclaré aux gendarmes que c'est lui, son fils, qui a fait une fugue. Il est abominable, monstrueux, cet homme l'a dégoûte ! Rien que pour ce mensonge, Alni adorerai l'écorcher vif.

Malheureusement, Alni ne peut rien faire. Même pas retourner chez les gendarmes leur dire la vérité. Car à ce moment là, Alni pense vivre dans un monde où les hommes, tous les hommes, la gente masculine, font leur loi, même les gendarmes. Puisque, une fois M'sieur l'a brutalisée et, ensuite, a lui-même appelé les gendarmes, qui ont constaté les blessures sans rien dire, ni rien faire, leurs seuls mots : "Monsieur, faites attention à ne pas trop faire de bruit, quand même".

Alors, vous pensez bien qu'Alni ne leur faisait pas confiance ! Gendarmes ou pas, tous les hommes étaient des brutes, à ses yeux. Alni avait la quasi certitude que les gendarmes n'allaient pas croire sa parole au détriment de celle d'un autre homme. Un homme est un homme, il ne ment jamais !

L'incident en resta donc là, mais dans la tête d'Alni, il est gravé, encore aujourd'hui, à l'encre de haine. Quant au tabouret, il est toujours là, lui aussi. Il n'a absolument aucune fonction, mais Alni a du mal à s'en séparer, comme si la vie de son fils en dépendait. Ca lui fait mal, de le regarder, ça lui fait mal de le jeter, elle aimerait qu'il disparaisse, comme par miracle, par magie, tout seul.

Alni sent qu'elle est presque prête à s'en défaire du maudit tabouret, à s'en défaire du passé. Ce passé lourd qui arrive encore, parfois, à lui retirer le sommeil et l'empêche d'apprécier la vie.


Suite



28-07-2009 | 279 vues

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Commentaires


Séchât
site/blog
le 28-07-2009 à 14:06:47
Bonjour Lina.

En lisant ton texte, j'ai ressenti très fort ta culpabilité envers tes enfants. Je voudrais trouver des mots qui puissent t'apaiser. Peut être as-tu commis des erreurs, mais tu avais peur pour eux, c'était pour les protéger de lui. Vraiment, quel monstre! Utiliser ainsi l'amour d'une mère pour ses enfants...

Merci pour ton passage sur mon blog aujourd'hui. Comme toujours, c'est un plaisir de te lire. Passe une très belle journée.

Avec toute mon amitié,

Séchât.
dimdamdom59
site/blog
le 29-07-2009 à 12:03:35
Aller courage, tu arrives bientôt au mot "Fin". Après cela, il faudra absolument que tu jettes ce tabouret, et que tu oublies tous ces souvenirs malheureux, même si tu ne peux pas les effacer.
Je t'embrasse et t'invite à rentrer dans ma danse!!!
Bisous.
Domi.
nath66
site/blog
le 21-01-2010 à 08:27:30
ça va bien dormis ?
moi jai la tete dans le cucu ce matin cest chiant parceque
je vais avoir du mal a marché hein loll
Bon je me grouille jai encore un avion a prendre et cette fois
ça y ai jai eu mon role avec spielberg le titre du film est:
Une internaute foldinguotte !
Ca metonne pas quil mai choisis !
Allez jy vais je veux pas etre en retard pour mon premier jour !
passe une bonne journee et je te dis a plus tard ok ?
GROS BISOUSSSSSSSSSSS LINA

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